Prendre cinq jours dans le bois avec Martin, mon ami d’enfance depuis plus de quarante ans, ce n’est pas des vacances. C’est un projet d’aventure. Cette fois, nous avons mis le cap sur le chalet du Lynx, l’un des plus reculés de la pourvoirie Mekoos, située dans les Hautes-Laurentides, au Québec. Une pourvoirie membre du Groupe Mitik, reconnue pour ses territoires vastes et ses expériences de chasse authentiques.
Deux heures de motoneige depuis le pavillon d’accueil. Deux machines d’expédition, un traîneau bien chargé : raquettes, pelle, tarière, fusils, provisions, vin, bière et tout le nécessaire pour vivre en autonomie pendant cinq jours.
Aucun réseau. Un téléphone satellite en cas d’urgence, et c’est tout. L’eau vient du lac, pour boire, cuisiner et se laver. On chauffe au bois. Ce n’est pas du luxe, mais ça frôle l’essentiel.
Je pratique le plein air régulièrement, été comme hiver, avec mes amis d’enfance : canot, ski nordique, longues randonnées. Je me suis initié à la chasse aux petits gibiers, surtout la perdrix, ces dernières années. Chasser en vélo à assistance électrique, par exemple, c’est une belle nouveauté. Mais le colletage du lièvre, c’était une première pour moi. Et croyez-moi, c’est un autre monde. Il faut être encore plus patient, plus attentif.
Colletage de lièvre : 27 collets, 4 prises, des leçons
Je suis parti là-bas pour apprendre. Pour pratiquer sur le terrain. Nous avons installé 27 collets à lièvre, faits de fil de laiton gage 22. Chaque collet formait une boucle de la taille d’un poing, attachée à un petit arbre, suspendue à environ un poing de hauteur du sol, sur un sentier bien actif. On plaçait quelques branches pour guider l’animal.
Chaque jour, on couvrait environ 30 kilomètres en motoneige, puis on ajoutait une dizaine de kilomètres à pied ou en raquettes, à travers la forêt. Durant ces cinq jours, il est tombé entre 30 et 40 centimètres de neige. Ce n’étaient pas les conditions les plus faciles. Il fallait dégager les collets, les ajuster, parfois les déplacer. Rien n’est figé. Le lièvre bouge, et nous aussi.
Résultat : cinq lièvres récoltés, trois perdrix. On en a aussi perdu quatre : deux collets brisés, deux contournés. Les lièvres sont vifs, rusés. Malgré tout, nous avons eu de quoi préparer deux bons plats de gibier, cuisinés sur le poêle avec ce qu’on avait sous la main. Et il nous restait assez de viande pour en ramener à la maison. C’était la première fois que ma famille goûtait au lièvre. Mon mijoté a fait l’unanimité.
Des journées pleines, du bois plein la tête
Nos journées étaient bien remplies. Repérage, pose de collets, battues à pied. On ne cherchait pas l’exploit, juste à vivre dehors, pour vrai. Chaque trace dans la neige nous apprenait quelque chose. Et les traces étaient multiples… Parfois des traces de martres, écureuils, perdrix, orignaux et bien entendu, lièvres. Chaque détour dans la forêt avait sa logique.
Le soir venu, on revenait au chalet. Un peu de lecture, quelques parties de Splendor, notre jeu de société favori, une bière et quelques verres de vin autour de notre repas. On dormait tôt, sans besoin de distraction. Le corps savait quand se poser.
Ce genre de séjour, on ne le fait pas pour se couper du monde. On le fait pour apprendre. Pour pratiquer une chasse simple et éthique. Pour mieux comprendre le territoire québécois, sa faune, ses hivers. C’était ma première expérience de colletage, mais certainement pas la dernière.
Depuis mon retour chez moi, en forêt dans la région de Lanaudière, je vois les traces dans la neige autrement. Et depuis quelques jours, je pars en raquettes avec un petit rouleau de fil de laiton dans ma poche… Et voilà, une nouvelle passion commence à germer…
FAQ sur le colletage du lièvre au Québec
Est-ce légal de poser des collets pour le lièvre au Québec ?
Oui, le colletage du lièvre est permis au Québec, sous certaines conditions. Il faut utiliser un fil de laiton de calibre autorisé (comme le gage 22) et respecter les périodes de chasse définies par zone. Il est fortement recommandé de se référer au site du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs du Québec pour les règles à jour.
Où poser un collet pour lièvre dans la forêt ?
Un bon emplacement est un sentier bien fréquenté par les lièvres, souvent identifiable par des traces en forme de Y dans la neige. L’ouverture du collet doit être à environ 10–15 cm du sol et centrée sur le sentier, avec des branches pour guider l’animal.
Quel équipement faut-il pour une expédition de colletage en hiver ?
Pour une expédition hivernale comme celle décrite, il faut une motoneige ou des raquettes pour l’accès, du fil de laiton (gage 22), des outils pour fixer les collets, des vêtements adaptés au froid, de la nourriture, une source de chaleur (bois, poêle), et idéalement un téléphone satellite pour la sécurité.
Peut-on consommer le lièvre colleté ?
Oui, le lièvre colleté est comestible et très apprécié pour sa viande maigre et savoureuse. Il est important de bien le cuisiner (ex. : mijoté, ragout) et de s’assurer d’une manipulation hygiénique après la récolte.












